Ecole Militaire Préparatoire Technique, quartier Paixhans, Le Mans

École Militaire Préparatoire Technique, quartier Paixhans, Le Mans

 

Réincorporé pour la rentrée 1957-1958, en classe de 3ème (je ne me souviens pas de la terminaison), avec la terrible mission de rattraper le temps perdu, je retrouvais les camarades abandonnés de force en 1955.

Mais la plupart étaient intrigués par mon absence et réapparition soudaine. Ne pouvant pas donner les détails de cette période tumultueuse, par parole donnée, je me contentais évasivement d’attribuer cela à des ennuis de santé, ce qui n’était pas complètement faux.

Ma période probatoire du premier trimestre s’étant révélée positive, rien, maintenant ne s’opposait à la continuation de mon séjour dans cette bonne école. Je finissais l’année scolaire assez bien placé, ce qui me permit d’accéder pour la prochaine rentrée en 2ème IE. Je crois que, si d’aventure j’avais suivi le chemin normal, sans exclusion, j’aurais pu me retrouver en TM, classe au-dessus, mais passons.

Bien motivé par cette nouvelle affectation, je suivis assidument les cours prodigués par nos professeurs émérites. Comme dans beaucoup d’écoles, chacun avait son surnom: Tonton mol’s (prof de Français), Cucu (prof de maths), Roro (prof d’électricité), Bornéo (TP électricité), … Nos cadres (entendez par là nos militaires nous encadrant) n’y échappaient pas: Papa notre Capitaine commandant la 3ème batterie, Corbac, fourrier de la même batterie, d’autres m’échappent sauf Méal le terrible, AET ayant gardé une grande dent contre nous (enfants de troupe). Alors Margis (maréchal des logis) il nous en faisait voir de toutes les couleurs: les PS (privations de sorties), corvées, punitions diverses et multiples allant jusqu’à des jours de perm’ en moins! Aujourd’hui on dirait dégueulasse. Je l’ai revu, beaucoup plus tard, retraité de l’Armée, mais il avait perdu de sa superbe, comme s’il cherchait à se faire pardonner ses errements passés! Presque sympa le papy. Depuis il a perdu son épouse et vit oublié à Mulsanne, village bien connu des amateurs de 24 heures du Mans.

La rentrée 1958-1959, quittant la 3ème batterie  nous changeâmes de bâtiment, entrant dans le bâtiment central, celui de l’horloge, abritant les 1ère et 2ème batteries. Un nouveau commandant d’école nous fut affecté: le Ltd Colonel Pancher, homme ayant subi plusieurs blessures de guerre et amoindri physiquement. Un bon commandant digne de la succession du Colonel Perrault.

Une année studieuse, avec, avant les grandes vacances, le Probatoire du B.E.I. indispensable sésame pour l’accès à la 1ère IE et le BEI définitif. J’obtenais de très bons résultats dans les matières fortes, mais négligeais quelque peu les matières secondaires (histoire Géo par exemple), ce qui me valut quelques réflexions dont je me moquais intimement.

 Mon prof  le plus détesté était monsieur André Fourchet, prof de dessin industriel, qui m’a scotché plusieurs fois à l’école le dimanche, avec un pensum copieux. Les copains, pendant ce temps sortaient en ville et draguaient les filles. Mon prof préféré: « Roro », pourvoyeur, à ses heures du remplissage en gaz des briquets de nos clopeurs (rigoureusement interdit!).

Je sus, beaucoup plus tard, que notre brave Fourchet aimait mieux la politique que notre compagnie. Il était devenu 1er adjoint au maire du Mans.

La rentrée 1959-1960, nous changeâmes d’étage dans le même bâtiment, nous hissant d’un cran.

Notre encadrement, bien évidemment, évolue. Ainsi nous retrouvons Le bœuf, adjudant costaud (Laurent); Moustique, margis chef (Pariel) spécialiste armement, pour les plus en vue. Cette année 1959-1960 nous commençons à nous initier à l’arme individuelle, la carabine 22LR. Pour ce faire, nous nous rendons au pas cadencé au champ de tir du Polygone, distant de 4 km environ de l’école. Notre classe est également choisie pour les cours de transmissions, caserne Mangin, une fois par semaine, le soir de 21 à 23 heures (titi-tata, manipulations du code morse, apprentissage des codes Q,…). Les plus costauds pouvaient faire la Préparation  Militaire Parachutiste.

Tout cela ne nous empêchait pas de fêter dignement les départs en perm’: une fois, nous alignâmes toutes les portes des toilettes (y comprises celles des profs) sur le terrain de sport pour former un énorme VLP (Vive Les Permes). Une bicyclette d’un adjudant un peu trop « jugulaire » se retrouva hissée au mât des couleurs…

 

Pendant ces années, l’école a connu de grands chantiers : disparition des « tinettes » au profit de blocs toilettes nettement plus attirants (changement d’odeurs: plus tabagiques); installation d’une chaufferie centrale et canalisations pour le chauffage central dans les bâtiments. Disparition de nos bons vieux poêles dans les classes et chambrées, ainsi que les corvées liées: les cendres, la ravitaillement en charbon et l’allumage de ces calorifères, chaleur constante, bref nous devenions des coqs en pâte. 

 Notre vie était ponctuée par des évènements distractifs et culturels, notre spiritualité également: cinéma interne de l’école une fois par semaine, plus rare la sortie en salle (ABC) de grands films (Les dix commandements, Sissi). la messe célébrée par le père Max, notre Babasse, tous les dimanches matin. Le premier cinoche, installé dans les vieux bâtiments jouxtant la rue de l’ERGM fit place à la nouvelle salle grandiose, sise près de l’infirmerie, la salle Perrault, inaugurée en 1960.

 

Nos chambrées, de seconde et première furent à peu près identiques en contenu, l’effectif étant le même.

Pour la mienne: Jaja (André Janel), P’tit prince (Kleinprinz), Carch’ (Lecardonnel Christian), Roux’(Guy Leroux), Spinach (moi-même), Mataf’ (Mérel), Marie, Grand sloughi (Nicolleau), Pageot, Mouton.

Chambrée en face: Bedaine (Jacques Adeleine), Pierre Cauvin, Chaon, Chaxel, La Chique (J.R. Chiquello),

Canif (Daniel Couteau), Tinette (Denonin),Béthon (Serge Fresnais), Gougoutte (Gouthier),Neunoeil (Hamelin).

Petite chambrée: Ventre à choux (Joël Roirand), Pen’s (Jacques Penaud), Podevin, Tortor (Torterat), Tuaillon, Verret, Pinard ( Vinck).

 Ces noms et surnoms me reviennent de mémoire et pardon si j’en ai écorchés.

Fin de l’année scolaire 1959-1960, proclamation des résultats, choix des affectations en fonction des places. Étant 42ème de ma promo je choisis les Transmissions (pour mes 17 ans). Mon copain Carch’ me suit dans cette voie. Nous nous retrouverons à Montargis (Loiret) à l’E.A.T., Ecole d’Application des Transmissions.

Je quitte l’EMPT avec, en poche, le B.E.I. électricité, le C.A.P. électromécanicien, option Assez Bien, le certificat de bonne conduite (eh oui!).

Quelques uns de nos professeurs