L’Ecole Supérieure Technique des Transmissions, quartier Bossut, à Pontoise

Ma  nouvelle affectation connue, je quittais l’E.A.T. Mais je ne rejoignis pas l’E.S.T.T.tout de suite, faute de place d’hébergement. J’errais de forts en forts, à Paris (Mont Valérien , Kremlin-Bicêtre), hébergé avec les appelés, faute du moindre galon (2ème transmetteur) n’ayant mes 18 ans que depuis peu.

Le paradoxe est là: j’ai donné à l’Armée presqu’une année de ma vie gratuitement : né au mois de juin, j’ai quitté l’EMPT à 17 ans tout juste (voir l’acte d’engagement provisoire, page précédente). Cette errance dura un mois. Enfin vint l’admission à cette école. Quelle surprise de retrouver là mon camarade Joël Roirand, de l’EMPT, au titre de l’Artillerie, déjà galonné (maréchal des logis), ancienneté oblige. Mon camarade et ami Christian Lecardonnel, (EMPT,EAT) sergent, avec qui je rentrais en perm’ (lui pour retrouver sa petite amie, au Mans).

Notre classe de formation aux techniques des hyperfréquences était composées d’officiers, sous-officiers et un seul simple transmetteur, ma pomme! Je rends grâce à tous mes compagnons d’étude qui n’ont jamais manifesté la moindre supériorité à mon égard.

Rattaché à la compagnie de transmission de l’école, je vivais avec nos braves appelés, tant pour la chambrée que pour l’ordinaire (dégueulasse!!). Notre capitaine nous encadrant se rendit compte de ma situation et fit aussi vite qu’il pouvait pour agrémenter mes manches d’abord de galons de caporal (déjà un plus pour le casernement), puis directement au grade de sergent. L’accès au mess me fit tout drôle, la qualité des repas n’étant pas comparable!

Les études théoriques, assez ardues (niveau Maths Sup’) assorties d’expériences en laboratoire durèrent environ 6 mois. Vinrent les études pratiques sur le matériel, 2 types de matériels devant être décortiqués. Mon premier matériel, le radar américain AN-MPQ10A, anti-mortier ne fut pas le plus simple (documents tout en anglais) notre formateur, excellent technicien (un capitaine) ayant parfois du mal à interpréter les textes. Néanmoins, l’intérêt pour ce radar me permit d’obtenir une note acceptable (voir ci-dessous).

Le second matériel abordé devait me poursuivre jusqu’à la fin de mon engagement: le radar COTAL. Matériel Français, construit par la Compagnie Française Thomson Houston (CFTH). Radar anti-aérien, pouvant téléguider une pièce d'artillerie anti-aérienne. Là, pas de barrière de la langue, la note d’examen s’en ressent!

A l’issue de ces formations, je restais à l’ESTT, devenant, à mon tour, formateur COTAL pour les futurs exploitants de ce matériel, jusqu’en novembre 1963.

 

 

Nouvelle affectation annoncée : détaché au DMT814 Colomb Béchar pour servir au Camion atelier à Reggane, Sahara Algérien.

Beaucoup de promesses (non tenues!) assorties à cette nouvelle mutation: campagne double, solde très améliorée, services aériens …

L’avenir fut beaucoup moins rose ! (2 autres radars à entretenir à… In ECKER, au pied du Taourirt Tan Affela), dans le Hoggar, lieu d’expérimentation en pleine activité. Dans un premier temps, je devais rallier Colomb Béchar, où se trouvait mon unité de rattachement, le DMT 814 .